Tenez. Prenez deux cents francs, pas la peine de faire un scandale.

Tenez. Prenez deux cents francs, pas la peine de faire un scandale.
Qui ça ?
Mais c'est qui ?
C'est qui ce garçon qui compte les bulles ?


C'est comme un cachet d'aspirine dans le champagne. Soixante millions de bulles qu'on avale par soleil ou intempérie, une fête qui se satisfait de trois pleu-pleu, d'encore un ou deux bons ecsta, et on met l'feu à la viiiille. On ne prend pas les mêmes, et on recommence, parce que toi et moi, vous et moi, nous faisons partie des meubles.


Formica : un coup d'éponge, et c'est propre.

Les commodités de la conversation, en belles aristocrates qu'elles sont, nagent de plus en plus dans leur bulle, mais elles aimeraient surtout savoir combien de bulles elles ont bues dans toute leur vie. Dans toutes leurs vies.

(Oh oui, oui ! le feu à la ville ! )
Une floppée de meubles vous saluent, vous les trois pecnos qui lisaient encore.

# Posté le mardi 11 août 2009 01:18

Modifié le lundi 17 août 2009 00:58

Vacances dans le quotidien.

Suivant une lubie de trottoire à laquelle je n'ai jamais songé, je suis passé au-delà de la frontière du rêve. Voilà Minou en cavale, Minou exilé.
- Minou a fugué...
- Wow.
Je me suis laissé un post-it en vitesse sur la porte du frigo, disant d'une manière brillament succincte que j'étais parti me promener et qu'il ne fallait pas que je m'attende pour manger.

C'est ça, bonnes vacances, a dit Minou.


Cela n'a pas empêché Féline d'envoyer une carte à Félin, Félin de lui en parler, et tous deux de miauler dans le combinet.
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# Posté le samedi 18 juillet 2009 18:13

2 mai 2009, Palais Nikaïa.

2 mai 2009, Palais Nikaïa.
Elle était là, une nouvelle fois, naissante,
et moi égaré dans le monde immense, trainant ce qu'il reste de mon humanité.


Hommes et femmes dignes
Je voudrais rencontrer vos ombres
Parler à vos âmes, qui plongent
Et qui se signent...


Les mots étaient si forts qu'encore dans ma tête je les entends.
Réveiller le monde, réveiller l'humanité.
Et je suis parvenu, moi aussi, à crier la vie, quand tout autour se tait.

# Posté le samedi 09 mai 2009 18:14

Le groin dans l'écuelle, sans bavures !

Le groin dans l'écuelle, sans bavures !
C'est bon, tu peux sortir. Je n'en suis plus à l'heure de paniquer, un rien me blase. La peur, l'angoisse, la fuite, le sentiment de se sentir envahi, l'instabilité, se savoir perdu, c'est bon, je connais. Minaude autant que tu veux, et je vais finir par percer cet immense abcès que vous entretenez, tous autant que vous êtes. Pleure, frémis, et que ta voix s'étreigne maladroitement dans ta gorge, pauvre con, j'ai pas la patience, j'ai pas la crédibilité non plus, pour me laisser bouleverser par les miasmes infects de tes sentiments, pauvres et avachis. Dis-moi simplement que je suis moche, une mocheté de haute compétition à y bien regarder, un crétin vulgaire, une banalité échouée sur un trottoir, que mon humour est lourd, et que j'ai la subtilité d'un tas d'sable, mais montre-moi tes couilles putain, et au moins je cesserai de mépriser votre bassesse minaudante et polie, à laquelle je préfère l'ignominie d'un sale pédé. Ton consensus ne m'intéresse pas, pose ta bite sur la commode, et dépêche-toi : nous boirons du brut, et nous serons pleins, du brut de décoffrage, et BAM ! dans tes miches, fesse de vache ! Les frontières, la diplomatie, ça n'a jamais servi à rien, qu'à entretenir des tensions. Faisons-nous la guerre, au moins je ne m'ennuirai pas. T'es un homme, oui ou merde ? Allez, réponds ! Et puis sors de là, j'en ai marre. Réveille le sauvage qui est en toi, non ce n'est pas de la publicité pour un parfum, arrête avec tes réactions de petite précieuse, on n'est pas à Sephora. Je ne te plais pas, c'est pas un drame, alors à toi de ne pas en faire un dossier confidentiel, tu le dis et c'est bon, on arrête là. J'ai juste besoin d'un véritable rapport avec quelqu'un, j'en peux plus des chemises bien repassées, des politesses, et des respects, des conventions et des consensus, ça ne me concerne pas, alors DANS TON CUL, gros con.

ça va CHIER.

# Posté le dimanche 26 avril 2009 12:59

Modifié le dimanche 26 avril 2009 18:23

Les petites échappées d'un animal fou.

La salle gronde, je me cache, terré au fond de moi, comme un animal traqué, à la fois proie et terrier. Mon existence pèse de plus en plus lourd, je voudrais partir, partir et vite, parce que vraiment, c'est insoutenable, de sentir son existence se décupler avant la toute fin. Nous savons que nous allons être mangé, c'est inévitable. Nous sommes attendus comme le plat de résistance, appétissant, mis au défi de plaire, audacieux peut-être. C'est gratifiant. Nous allons nous servir sur un plateau à notre prédateur, c'est déjà de l'audace. Je me cache, dans les ténèbres, dans les pendrillons noirs, dans les fonds de scène, j'ose bouger pendant les applaudissements, j'ai le souffle lourd, je tremble, je dois avancer, alors je me mets à courir, je pénètre à la lumière, et je cours encore, je m'installe dans le sentiment incrongru de fuite en s'offrant au spectateur, je prends place, et c'est déjà le début, le début de la fin, je cours, je ne me rappelle plus ce que je dois dire et faire, je fuis, ou je ne sais plus l'ordre, et puis c'est bon, tout est revenu, mais je m'en fous, je ne suis plus là, je me suis échappé, enfin.
Le corps s'est libéré de mon âme, c'est bien le seul art où cela peut se produire, et maintenant, il existe comme un corps libre, soumis à ses propres lois, à sa propre mémoire. La sacro-sainte question du Moi est enfin réglée comme il se doit.
Les petites échappées d'un animal fou.

# Posté le dimanche 12 avril 2009 08:29