Chère Amélie.

Chère Amélie.
A présent je regarde la neige. Elle fondra sans laisser de traces elle aussi. Mais je comprends maintenant qu'elle est un mystère. Je ne sais plus rien de moi.
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# Posté le dimanche 12 avril 2009 08:13

"Je suis dans la volonté du bien, du partage, et de la communion."

"Je suis dans la volonté du bien, du partage, et de la communion."
Je pars, darling.
Tu nous aimes peut-être beaucoup, mais c'est pas suffisant. Partir, c'est mon trip du moment, alors j'en profite tant que j'ai des raisons. Tu nous aimes comme un souvenir, et c'est pas bien.
J'ai regardé la moisissure s'étendre sur mon corps, le noircir comme on écrit un mauvais livre, je ne savais pas quoi faire, et puis on ne voyait plus que ça, fallait plus qu'on me touche, parce que c'est répugnant. Toi, tu t'en foutais. Tu ne fais pas le ménage, et de toute façon, tu n'as jamais su le faire. Alors maintenant gratter, nettoyer, désinfecter, pour toi c'est un monde à bâtir.
Je ne peux plus, tu comprends. J'étouffe, parce qu'il y a trop d'air, dans ces pièces qui me paraissent décidément trop grandes, et puis, ça sent plus que tout la poussière. Je m'y promène comme une de ces particules en apesanteur, j'ai une crise identitaire. J'ai oublié les rayons de soleil, l'herbe tendre, et la folie en cataplasme, la liberté du dehors, une certaine journée de juin. J'ai oublié ce que je voulais faire, je me suis perdu. La mémoire est une salle garce, sournoise et vicieuse, et c'est elle qui m'a poussé à partir, car elle a su sortir la pièce à conviction : mon souvenir de ces choses, de ce moment. Et puis, elle joue contre toi. Je résume : une vie qui n'est plus ce qu'elle était, comme une femme qui s'est défraîchie, parce que c'est vrai qu'une vieille femme c'est moche, ça a les seins fripés, ça pue tout ce que ça peut, et ça n'évoque jamais la métempsychose sous un regard optimiste, n'est-ce pas ? J'ai de quoi inspirer Ovide, parce que ma métamorphose est utilitaire : moi en meuble.
Je pars, minuscule petit chose. C'est nul d'écrire comme ça. Mais toi aussi, tu es partie avant. Mais bien sûr que tu nous aimes, je n'en doute pas une seconde. Tu veux des bornes, et nous nous y arrêtons. Mais moi je ne saurais me satisfaire de souvenirs. Alors, inch'allah, c'est comme ça qu'on dit ?

Je laisse signer qui tu veux, parce que je m'en fiche, et que c'est pas important, d'accord ?

# Posté le mardi 17 mars 2009 19:02

Modifié le dimanche 26 avril 2009 18:24

Nous deux formons une multitude.

Nous deux formons une multitude.
Ovide n'a rien à dire. Pas ce soir.
Vive la rhapsodie, and enjoy yourself.

# Posté le dimanche 01 mars 2009 05:21

Modifié le dimanche 01 mars 2009 14:23

Je n'ai plus rien à dire.

Je n'ai plus rien à dire.
Que l'on construise des choses, petit à petit, et qu'il m'en reste le souvenir doux et humide d'une passion qui a pris possession de moi, et a marché dans mes jambes, jusqu'à l'édification. Au fond, une fois la création accomplie, quel était le rôle de Dieu, sinon d'aimer son oeuvre publiquement ? Il brillera aux yeux des autres, peut-être ou non, et s'ennuira aux siens, c'est sûr, jusqu'à ce que l'ennui, cette vapeur qui vous saisit comme du monoxyde de carbonne, l'ait complètement retracté au fond de lui, dans le silence sans fard, comme une araignée se recroqueville fébrilement, frénétiquement, au moment de sa mort.
Alors, il aura détruit d'autres mondes dans leur sommeil, au lieu de les réveiller, les siens, peut-être ceux des autres aussi. L'insecticide est efficace, et s'est propagé.

Emmarbrée dans ce lit-stèle,
Je ne lirai rien ce soir,
Ne parlerai plus, rien de tel
Que s'endormir dans les draps du noir...

C'est le sombre, l'outre-tombe,
C'est le monde qui s'éteint
L'épitaphe aura l'audace
De répondre à mon chagrin.

Dans son paradis inanimé, il sera un écho à la silhouette dans le ciel, les couleurs qui se fondent et se confondent, deux solitudes qui se rencontrent. Il n'y aura plus rien que je puisse dire, seulement écouter, et ces mots, ceux qui émanent d'Elle me diront que c'est de moi qu'ils viennent, et je ne saurai plus où est la création dans ce vrac, ni qui Je suis, ni qui Elle est. Je voudrais parfois lui dire qu'il est lassant d'être une partition, alors que c'est un luxe sans pareil, si facile pour moi d'entendre chanter sur un ton juste ce que je voudrais simplement dire.
J'avais autre chose à dire, peut-être, mais je ne me souviens plus.

# Posté le samedi 21 février 2009 06:00

Modifié le dimanche 22 février 2009 16:33

Roh ! Des ragôts d'vieille bigotte !

Roh ! Des ragôts d'vieille bigotte !


Y a une heure, nous en avions vingt :
- les sept pèlerins, vingt-sept
- les trois muets, trente
- le nain, trente-et-un
- le Belge, trente-deux
- les cinq centenaires, trente-sept.
Il en manque un.

# Posté le mercredi 11 février 2009 11:25

Modifié le vendredi 20 février 2009 15:29