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"Je suis dans la volonté du bien, du partage, et de la communion."

"Je suis dans la volonté du bien, du partage, et de la communion."
Je pars, darling.
Tu nous aimes peut-être beaucoup, mais c'est pas suffisant. Partir, c'est mon trip du moment, alors j'en profite tant que j'ai des raisons. Tu nous aimes comme un souvenir, et c'est pas bien.
J'ai regardé la moisissure s'étendre sur mon corps, le noircir comme on écrit un mauvais livre, je ne savais pas quoi faire, et puis on ne voyait plus que ça, fallait plus qu'on me touche, parce que c'est répugnant. Toi, tu t'en foutais. Tu ne fais pas le ménage, et de toute façon, tu n'as jamais su le faire. Alors maintenant gratter, nettoyer, désinfecter, pour toi c'est un monde à bâtir.
Je ne peux plus, tu comprends. J'étouffe, parce qu'il y a trop d'air, dans ces pièces qui me paraissent décidément trop grandes, et puis, ça sent plus que tout la poussière. Je m'y promène comme une de ces particules en apesanteur, j'ai une crise identitaire. J'ai oublié les rayons de soleil, l'herbe tendre, et la folie en cataplasme, la liberté du dehors, une certaine journée de juin. J'ai oublié ce que je voulais faire, je me suis perdu. La mémoire est une salle garce, sournoise et vicieuse, et c'est elle qui m'a poussé à partir, car elle a su sortir la pièce à conviction : mon souvenir de ces choses, de ce moment. Et puis, elle joue contre toi. Je résume : une vie qui n'est plus ce qu'elle était, comme une femme qui s'est défraîchie, parce que c'est vrai qu'une vieille femme c'est moche, ça a les seins fripés, ça pue tout ce que ça peut, et ça n'évoque jamais la métempsychose sous un regard optimiste, n'est-ce pas ? J'ai de quoi inspirer Ovide, parce que ma métamorphose est utilitaire : moi en meuble.
Je pars, minuscule petit chose. C'est nul d'écrire comme ça. Mais toi aussi, tu es partie avant. Mais bien sûr que tu nous aimes, je n'en doute pas une seconde. Tu veux des bornes, et nous nous y arrêtons. Mais moi je ne saurais me satisfaire de souvenirs. Alors, inch'allah, c'est comme ça qu'on dit ?

Je laisse signer qui tu veux, parce que je m'en fiche, et que c'est pas important, d'accord ?

# Posté le mardi 17 mars 2009 19:02

Modifié le dimanche 26 avril 2009 18:24

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