Quelle culture, mon enfant. Et quel luxe : Diane Dufresne en piano-voix aux Bouffes du Nord. Proche des adieux d'un sex-symbol, divine sur la pente et la fatigue, touchée par les compliments, lassée par les bravos, agacée par les cons et ça se comprend : somme toute, une icône unique, au son de sa voix et au creu de son talent, une fascination incroyable pour elle.
Des répétitions aussi : Shakespeare de fracas et de furie, ou l'essence émotionnelle de deux pièces. Une femme joue Hamlet, ça enlève quelques couches de poussières au rôle, et quelques pages de réflexions prodigieusement inintéressantes sur to be or not to be. Ysa Ferrer n'a qu'à bien se tenir. Un grand intérêt pour le devenir de cette pièce.
Arromanches, au théâtre ce soir ( ou du Préau ), quelque chose de chez nous, une complexité familiale mise en lumière, des pensées pour l'arbre généalogique bocain. Et une gentillesse mes enfants, quelque chose de formidable chez ces comédiennes.
Un mini concert : RoBERT au Virgin du Louvre. Le charme opère aussi bien que sur scène : elle peut chanter devant un mur de DVDs de Pavarotti et autres barytons barbus et ventripotents, ça n'enlève rien à la magie. Une aspiration de l'âme devant cette belle chimère, comme un matelot devant sa sirène. Des frissons.
Le Songe d'une nuit d'été aux Ateliers Berthiers ( comprenez les dépendances de l'Odéon ), La Nuit surprise par le Jour dynamique, vivante, une grande fête de quatre heures ( avec entracte de dix minutes, je ne sais pas comment ils calculent les doses chez Harpic, mais je serai morte, il m'en restera encore... ). Une admirable scénographie, une poésie de la simplicité, une inventivité régénératrice. Du grand théâtre malgré tout.
Célibataires avec Catherine Jacob au Studio des Champs-Elysées : une comédienne que l'on oublie, une comédienne de grand talent, qui use du naturel et du délié de voix, me provoquant des spasmes bruyants, peu importe, la pièce était drôle. Et quand on sort, ce n'est pas le rire qui reste, mais le goût de la médiocrité, la médiocrité du couple, du texte, de la mise en scène, de la scénographie. On atteint la véritable visée de la pièce : gaypaxiens en force, cela vous est tout indiqué.
Au théâtre du Préau enfin et à nouveau : Roméo et Juliette par la compagnie La Part des Anges. Une salle pleine, jeune, prise par le rire, ça m'évite de fliquer les élèves traînés scandaleusement de force dans un tel lieu. Pièce vivement drôle, exagérée, mais où l'émotion est malheureusement laissée de côté malgré les bons points et les partis pris particulièrement intéressants. Mais une gentillesse, mes agneaux, à en faire retourner Thomas dans son lit. Remarque intéressante : outre la gentillesse dont je fais presque fi, il faut noter une orientation aussi générale que douteuse chez les comédiens.
Et moi pendant ce temps là...
Les petites pièces de danse (jeudi11décembre20h30àlamaisondel'étudiantentréepaschère)et Les Bonnes (...). Vous voyez, lui aussi, il aime ça.

