"Dieu voit tout, mais les voisins ne ratent rien."

"Dieu voit tout, mais les voisins ne ratent rien."

Paris.
C'est un départ de Caen à 16h49 avec Thomas. L'ennui ferroviaire cède bientôt à nos âmes de gamin : le nom d'un animal commençant par W ? Le Wakete est un animal aquatique nocturne. - Grand-mère, un gros mot commençant par C ? - ... C** ! C**** ! C****** ! C*** ! ... Et puis des lignes de métro : une toile d'araignée, un abri d'artistes. Un quartier : Belleville, ça a un goût d'anonymat. Il y a des Chinois et des Japonais en vrac, un peu comme une contrée lointaine et asiatique. Et des sérieux problèmes de canalisation : un peu dans le genre du style des Grandes-Eaux du Château de Versailles quoi. Paris vespéral commence derrière les fenêtres, depuis ce pigeonnier au quatrième étage, d'où l'on voit la grande Tour. Non pas Eiffel, Montparnasse - y a des limites au luxe, coco. Mais bon, peu importe le confort rudimentaire du paysage - avec un vis-à-vis un tout p'tit peu proche, il faut bien le reconnaître -, il reste cette couette bleu marine, prévue pour une seule personne, à retourner sans cesse durant la nuit, quitte à finir assomé par Thomas, ou par l'un des murs de Thomas. De toute façon, quand Thomas exige que vous tombiez du lit, c'est un peu à lui que ça risque d'arriver. Mais enfin. Il y a le réveil du lundi matin, celui des cours au Louvre. Direction le Louvre ( si vous avez trouvé tout seul, vous êtes remarquable ). Puis le Marais. Suivent un nombre exemplaire de quartiers, toujours le métro, j'aime bien. Les contrôleurs de la RATP, j'aime bien aussi, mais moins, parce que j'aime surtout le Marais. Il y a Frédéric Beigbeder incognito devant Les Deux Magots. Il passe au milieu des foules et personne ne semble s'en apercevoir. Ou alors c'est l'habitude. Un petit regard, et une grande fuite. Des vinyls, j'aime ça aussi : Diane Dufresne, magnifique, et Armande Altaï, effrayante. Et encore des dépenses, pour Pierre et Gilles, pour Dufresne, pour des cartes, des cafés, des repas entre nous. Au Père-Lachaise dorment paisiblement sous les stèles moelleuses Honoré de Balzac, Marcel Proust, Edith Piaf, Max Ophüls, Sophie Daumier, Oscar Wilde, d'autres encore, mais surtout Isadora Duncan. La splendeur de ce champ funèbre n'est pas sans évoquer les récoltes abondantes de la vie, je n'ai pas peur. Dans la vie, il y a, entre autre, Diane, ni Dufresne, ni Roc, ni Kruger : juste Diane-fm, la fille aussi complexe que passionnée pour la radio. Et ses amies : Constance et Alice, mais un truc de malade. Caen ? C'est en Normandie, pas très loin de la capitale-avec-un-grand-K, comme dans CACA ®, sale parigo de mes deux censuré ! Et nous n'avons pas de copines, nous sommes ensemble. Finalement, t'es drôle et touchante ( et puis tu nous adores ). Métro, Belleville, couette bleu marine. Muriel Robin crie "Au secours" sur ses deux gigôts d'au moins quarante centimètres. Qu'est-ce que tu fous là-haut, Guy, tu veux t'casser la gueule ?. Et puis Jade appelle. Le rire se transforme en tristesse. Bouleversement et angoisses. Mon exquise, je t'aime et je tiens à toi. Les autres font un gâchis, je les hais. Montmartre n'est pas loin, je pourrais y aller demain. Non, je t'attendrai. Montmartre ne mérite que toi, ce sera avec ta main dans la mienne que j'irai. Il me reste le Marais, arrêt Saint-Paul. Et puis, Amélie Nothomb sera à la librairie L'Ecume des pages. Elle y entre, elle y est, elle me parle. Paris, ma taille, la danse, ma prof de danse, Fucking Bitch, ma grand-mère, Pierre et Gilles, und so weiter. Rencontre avec Estelle, on l'adopterait presque. Quand on pense que cette fille est folle - elle aussi ! Retour au Marais avec Thomas. Je m'y sens bien avec lui, quand il s'aigrit à cause des autres : Jean-Do, on pense à toi - mais pas comme tu le crois. Il y a Les Mots à la bouche, une librairie pour pédé-cliché : quelque chose qui rappelle enfin l'existence d'une véritable culture homosexuelle. "Les petites filles obéïssantes vont au Paradis. Les autres vont où elles veulent". J'veux l'Arc-en-ciel. On squatte un bar, exigu. Une pizzeria. Puis l'Open café, tanière aux lumières rouges de Jean-Do, ça fait un peu bordel, comme dirait Efbi. En plus, y a Thierry Desroses en terrasse, le grand black de PJ. Métro, Belleville, couette bleu marine. Problèmes de canalisation : ON N'EST PAS DANS LA MERDEUH ! enfin si. Je m'en fous, je vais voir Diane Dufresne en concert le 8 novembre grâce à Thom'. Et en plus, j'ai un port-folio de Pierre et Gilles. Et puis, viennent Les Heures, portant une Nicole Kidman troublante. Always, the love... Always, the hours... Toujours cette couette bleu marine, mais laisse-moi la mettre dans le sens que je veux, t'es méchant. Même que t'es sale. Encore le Marais, tout seul, juste y passer de bon matin, pour la dernière fois de la semaine. Jack Lang discute comme si de rien n'était à la sortie du métro. Même attention spectaculaire de la foule que pour le chroniqueur littéraire éthylique : pour eux, y a pas d'raison, pas plus que d'ancien ministre, qui tienne. Ma flânerie m'amène dans une rue scabreuse. A Châtelet, je crois. Je vais retrouver Thomas, à travers Paris. Près de Saint-Michel. Paris, je t'aime - même si le film n'en vaut pas la chandelle. La chandelle que les voisins tiennent quand on retrouve cette couette bleu marine. Et encore les voisins qui nous regardent, mais si : derrière leurs rideaux, c'est des voyeurs lubriques, et ils en prennent plein la vue. Je suis Dieu [ une femme généreuse, mais rien de moins qu'une allumeuse ], vous ne l'infirmeriez pour rien au monde. Et si tout ce que j'ai vu, senti, éprouvé, et que les voisins n'en ont rien râté, je suis bien content d'avoir partagé mon existence avec d'illustres inconnus. Ben si t'es con, tant mieux !

Maintenant je suis à la mode, je me rode, je me rode,
Dans les lits de Saint-Germain, c'est divin, c'est divin.

# Posté le samedi 27 septembre 2008 04:19

Modifié le mardi 30 septembre 2008 04:27

"Il y aura toujours dans la foule un crétin qui, sous-prétexte qu'il ne comprendra rien, décrétera qu'il n'y a rien à comprendre."

"Il y aura toujours dans la foule un crétin qui, sous-prétexte qu'il ne comprendra rien, décrétera qu'il n'y a rien à comprendre."


Bon anniversaire à Mylène, qui fête aujourd'hui ses quarante-sept ans.

Et surtout, un grand MERDE aux fans. Voilà, c'est dit.

# Posté le vendredi 12 septembre 2008 06:58

Virginia Woolf se retournerait dans sa tombe si elle allait en boîte de nuit.

Les stromboscopes agitaient les gens autant que la musique, faisant de l'obscurité du lieu le repaire d'un nombre incroyable de corps en mouvement. Certains n'étaient même plus que des énergies, abstraction et flux de tout. Trois de ces corps étaient superbes, mais combien s'en rendaient compte ? Dans la débâcle de l'existence, ne survivait qu'un instinct animal, celui du mâle cherchant la femelle, peu importe laquelle. Du moment que cela fusse une femelle en ressemblant à une femelle, il pouvait y avoir précipitation, approche, et saisie, tout cela dans un temps infinitésimal et sans conscience. Au diable Descarte et son latinissime Cogito, ergo sum ! Et j'assistais à ce phénomène hors-l'humanité, à ce simili de reproduction du corail. Des trois côtés, des mufles s'agripaient aux nymphes comme des moules sur les rochers, et sans le moindre regard, ils tentaient de profiter de la magnificience par excellence. C'était vraiment donner de la confiture aux cochons. Qu'en est-il de la beauté quand le regard ne se donne pas les moyens d'exister ? J'avais envie de les punir au fouet, car il n'y pas d'arme plus belle et qui porte plus d'égards au corps que celle-ci. Je devins ce fouet, et sous la mitraille de mon propre regard, ils arrêtèrent leur non-existence. Je m'interposai fermement : non, tu dégages. Là, devant mon héroïsme grandiloquent, une lueur s'ouvrit dans l'obscure abstraction de tout, et l'existence naissait : avant tout, celle de leur déception. J'avais réveillé des cons dans leur facile absence. Quand on fuit le monde dans sa beauté, on n'y a pas le droit. La beauté est une chance pour ceux qui la possède, et l'inverse d'une sinécure pour ceux qui la contemplent. Eux ne la méritaient pas.

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 11:49

Modifié le lundi 08 septembre 2008 06:55

Parlez-moi d'élite.

FUCKING BITCH dit :
t'as vu, je te fais une cyber branlette

# Posté le vendredi 29 août 2008 17:27