Laissons la marée monter, les écumes carresser le sable, inlassablement, l'onde se briser, et les vagues embrasser tendrement la plage. Nous sommes sur un interstice, calme et paisible, entre deux mondes, comme des limbes, un équilibre entre la vie et l'au-delà... Les tempêtes du large sont passées, et l'ennui de la terre ferme également. Ici, comme dans une peinture de Vettriano, nous sommes bien, loin du temps et de l'éternel, nous promenant allégrement sur les particules de diamant, de nacre et de sel. La plénitude de l'espace se répend en nous, un bonheur comme Ophüls le décrit à la fin de son Plaisir, peut-être imperceptible depuis les yeux de la passion, mais n'en voulons pas plus, et dansons encore... Rien ne devrait recevoir un nom, de peur que ce nom même ne le transforme...